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Ce que révèle vraiment la synthèse des journaux -
Tous les pronostiqueurs ne se valent pas -
La presse spécialisée -
Les quotidiens régionaux -
Le piège du bouclage -
Lire le consensus sans se faire piéger -
Les divergences, là où se cachent les bons coups -
Le cheval peu cité mais placé très haut -
Les pronostiqueurs qui osent -
Le cheval que personne n'a vu -
Le piège du pari mutuel : quand suivre la presse coûte cher -
Croiser l'avis de la presse avec votre propre analyse -
Une routine simple en cinq étapes -
Les erreurs classiques à éviter -
La presse, un guide plutôt qu'un oracle

Vous connaissez sûrement cette scène. Un café, le journal ouvert à la page turf, un stylo à la main. On entoure un numéro, puis un autre. On hésite. On jette un œil à la sélection du voisin, qui n’a évidemment pas les mêmes chevaux. Et au moment de valider son ticket, une question revient toujours : à qui faire confiance ?
Aujourd’hui, le problème n’est plus de trouver un avis. C’est plutôt d’en avoir trop. Pour un seul Quinté+, une trentaine de journaux publient leur sélection : quotidiens nationaux, titres régionaux, presse spécialisée, magazines du week-end. Certains sont d’accord sur tout. D’autres partent dans des directions complètement opposées.
Bonne nouvelle : ce désordre apparent est une mine d’or. À condition de savoir le lire.
Ce que révèle vraiment la synthèse des journaux
L’idée est toute simple. On rassemble les sélections de chaque journal, généralement huit chevaux classés par ordre de préférence. Puis on compte combien de fois chaque cheval apparaît. Résultat : une sorte de baromètre de l’opinion des spécialistes, course par course.
Personne n’a le temps d’acheter trente journaux chaque matin. Heureusement, des sites comme Turfoo font ce travail pour vous en regroupant chaque jour les sélections de la presse hippique pour le Quinté+, avec le détail journal par journal et le nombre de citations de chaque cheval. En quelques secondes, on voit qui fait l’unanimité et qui divise.
Prenons un cas réel. Le mardi 6 octobre 2026, le Quinté+ se court à Auteuil : le Prix Guillaume de Pracomtal, un handicap de haies sur 3 600 mètres avec 16 partants. Sur une trentaine de journaux, Gabison et Pascialella sont cités 29 fois. Maskina suit de près avec 28 citations, Emsilord avec 27. Et tout en bas du tableau ? Deux chevaux que personne n’a retenus. Zéro citation.
Ce genre de répartition dit beaucoup de choses. Quand cinq ou six chevaux trustent les sélections, la presse considère que la course est lisible. Quand les citations s’éparpillent, attention : la course est ouverte, et les surprises guettent.
Un rappel tout de même. Cette synthèse reflète l’avis des spécialistes à un instant précis, souvent la veille. Elle ignore tout de l’état du terrain le jour J, des non-partants de dernière minute ou des mouvements de cotes. C’est un point de départ. Pas une vérité.
Tous les pronostiqueurs ne se valent pas
On parle de « la presse » comme d’un bloc. En réalité, derrière ce mot se cachent des métiers et des méthodes très différents. Et ça change tout dans la manière de lire leurs avis.
La presse spécialisée
Paris-Turf, Week-End, Bilto. Ces titres vivent pour les courses et ont les moyens de les décortiquer. Leurs pronostiqueurs épluchent les performances, les engagements, les conditions de course. Ils parlent aussi aux entraîneurs et aux jockeys. Quand l’un d’eux s’écarte du consensus, ce n’est généralement pas un hasard. Ça mérite qu’on s’y arrête.
Les quotidiens régionaux
Presque tous les grands régionaux ont leur page turf. Certaines sont tenues par de vrais passionnés, avec un avis bien à eux. D’autres semblent puiser à la même source.
Un exemple frappant, toujours sur le Quinté du 6 octobre : La Voix du Nord, Le Parisien et Charente Libre publient exactement la même sélection. Mêmes huit chevaux, dans le même ordre. Trois journaux, mais un seul avis. Dans une synthèse, ces trois citations pèsent pourtant comme trois opinions indépendantes. C’est le genre de détail qu’il vaut mieux avoir en tête.
Le piège du bouclage
Un journal papier doit partir à l’impression. Le pronostiqueur boucle donc sa sélection la veille, parfois bien avant pour les hebdos. Il ne sait pas s’il va pleuvoir pendant la nuit. Il ignore qu’un cheval sera déclaré non-partant le matin même. Ce n’est pas un défaut de compétence, juste une contrainte du métier. Mais c’est à vous d’en tenir compte.
Lire le consensus sans se faire piéger
Les chevaux cités par presque tous les journaux, ce sont vos bases potentielles. Si 29 spécialistes sur 30 retiennent un cheval, il y a sans doute de bonnes raisons : une forme solide, des conditions qui lui conviennent, un entourage confiant.
S’appuyer sur ces chevaux, c’est logique. Surtout si vous cherchez avant tout à toucher régulièrement.
Mais méfiance. Un favori unanime ne gagne pas toujours, loin de là. Le Quinté+ se court très souvent en handicap, une formule pensée justement pour resserrer les chances en donnant plus de poids aux meilleurs chevaux. Les certitudes y sont rares.
Une astuce : ne regardez pas seulement le nombre de citations, regardez aussi la place. Un cheval cité partout mais jamais en tête est vu comme un bon candidat aux places. Un cheval souvent mis en première position, lui, est le vrai favori de la presse. La nuance compte quand on construit son jeu.
Les divergences, là où se cachent les bons coups
Le consensus vous dit où sont les chevaux attendus. Les divergences, elles, vous montrent où se trouvent les opportunités. Et franchement, c’est la partie la plus intéressante.
Le cheval peu cité mais placé très haut
Gardez l’œil sur ce profil-là. Un cheval absent de la plupart des sélections, mais classé premier ou deuxième par un ou deux journaux. Cela veut dire qu’un spécialiste a vu quelque chose que les autres ont laissé passer.
Le 6 octobre, Nice Matin place Roman Skies en tête de sa sélection. Ce cheval n’est cité que cinq fois au total. Le Dauphiné Libéré, de son côté, mise d’abord sur Dinadame, retenue par 19 journaux mais rarement en haut de liste. Coup de génie ou fausse piste ? Impossible à dire à l’avance. Mais ces choix isolés reposent souvent sur une information, une conviction ou une autre lecture de la course. Ils valent qu’on creuse.
Les pronostiqueurs qui osent
Avec le temps, on finit par repérer certains profils. Il y a ceux qui suivent presque toujours les favoris. Et il y a ceux qui sortent régulièrement des chevaux que personne n’attendait. Ces derniers ne gagnent pas tout le temps, évidemment. Mais quand ils tapent juste, ça paie. Suivre leurs choix sur plusieurs semaines est un exercice très instructif.
Le cheval que personne n’a vu
Zéro citation ne veut pas dire zéro chance. Dans un handicap à 16 ou 18 partants, il n’est pas rare qu’un cheval oublié de tous se glisse dans les cinq premiers. Un terrain qui change, une course mal emmenée, et tout est possible. Il ne s’agit pas de jouer ces chevaux à l’aveugle. Simplement de ne pas les rayer d’office dans les courses très ouvertes.
Le piège du pari mutuel : quand suivre la presse coûte cher

Voilà le point que beaucoup de parieurs oublient. Et pourtant, il est essentiel.
Au PMU, on joue au pari mutuel. Concrètement, toutes les mises sont mises en commun, puis redistribuées entre les gagnants après prélèvement. Vous ne jouez donc pas contre un bookmaker, mais contre les autres parieurs. Plus une combinaison est jouée, moins elle rapporte.
Or, la presse influence énormément la façon dont le public joue. Les chevaux les plus cités sont aussi les plus joués. Une arrivée qui colle parfaitement au consensus des journaux ? Elle sera partagée entre des milliers de gagnants. Et le rapport s’en ressentira.
Deux grandes approches en découlent.
- Jouer avec la presse. Vous misez sur les chevaux plébiscités. Vous touchez plus souvent, mais des rapports souvent modestes.
- Prendre ses distances. Vous glissez un ou deux chevaux peu cités dans votre combinaison. Vos chances baissent, mais un seul outsider à l’arrivée peut faire grimper les gains de façon spectaculaire.
Dans la pratique, la plupart des turfistes aguerris mélangent les deux. Une ou deux bases solides tirées du consensus. Puis quelques chevaux moins exposés, choisis pour de bonnes raisons et pas juste pour le frisson.
Croiser l’avis de la presse avec votre propre analyse
Les journaux vous donnent une base de travail. À vous ensuite de la passer au tamis. Voici les points que l’on vérifie avant de valider un choix :
- La forme du moment. La musique, autrement dit les dernières places du cheval, donne une première idée. Un cheval régulièrement placé est un cheval en confiance.
- La distance et le terrain. Certains adorent la piste lourde, d’autres la détestent. Si le terrain a changé depuis la veille, les sélections peuvent être dépassées.
- Le poids en handicap. En galop, un cheval qui vient de gagner hérite souvent de quelques kilos supplémentaires. Ça peut suffire à tout changer.
- La corde et le numéro de départ. Selon l’hippodrome, partir à l’intérieur ou à l’extérieur n’a pas du tout le même impact.
- La ferrure au trot. Un cheval déferré des quatre pieds pour la première fois peut se transformer.
- Le jockey ou le driver. Un pilote en forme, ou habitué du cheval, est souvent un signal de confiance de l’entourage.
- Les cotes avant le départ. Une cote qui fond dans les dernières minutes peut trahir une information circulant chez les parieurs bien renseignés.
Une routine simple en cinq étapes
Pas besoin d’y passer la matinée. Avec un peu d’habitude, cette routine prend quelques minutes avant chaque Quinté+.
- Ouvrez la synthèse de la presse. Repérez les chevaux les plus cités et faites-vous une idée du niveau de consensus.
- Choisissez vos bases. Un ou deux chevaux plébiscités, dont le profil colle aux conditions du jour.
- Cherchez les divergences. Notez les chevaux peu cités mais placés haut, surtout par la presse spécialisée.
- Vérifiez les fondamentaux. Forme, terrain, distance, poids, pilote. Si un critère cloche, demandez-vous pourquoi.
- Construisez votre jeu selon votre budget. Régularité avec le consensus, ou recherche d’un gros rapport avec un outsider : à vous de choisir, mais choisissez avant de jouer.
Les erreurs classiques à éviter
On les a tous commises un jour. Les voici, pour éviter de les répéter.
- Recopier un seul journal. Aucun pronostiqueur n’est infaillible. Suivre toujours la même source, c’est renoncer à réfléchir.
- Jouer le consensus les yeux fermés. C’est confortable. Mais au pari mutuel, le confort se paie en rapports maigres.
- Négliger les infos du jour. Un non-partant, une averse ou un changement de jockey peuvent rendre une sélection caduque.
- Prendre le nombre de citations au pied de la lettre. Plusieurs journaux peuvent partager la même source. Trente citations ne font pas forcément trente avis.
- Élargir son jeu sans limite. Plus de chevaux, c’est plus de chances, mais aussi un ticket qui coûte vite très cher. Fixez votre budget avant, pas après.
La presse, un guide plutôt qu’un oracle
L’avis de la presse hippique reste l’un des meilleurs outils à la disposition du turfiste. Il permet de sentir une course en un coup d’œil, de repérer les chevaux qui font l’unanimité et ceux qui divisent les experts. Mais il ne pense pas à votre place.
Le bon réflexe ? Voir les journaux comme un point de départ. Une base solide, que vous enrichissez de vos propres critères et des informations du jour. C’est là que le jeu devient vraiment intéressant.
Et surtout, gardez en tête que les courses doivent rester un plaisir. Fixez-vous des limites et ne misez jamais plus que ce que vous êtes prêt à perdre. Jouer comporte des risques : endettement, dépendance, isolement. En cas de besoin, appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).
